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Bienvenue au coeur de la Venise Verte. Arçais, commune des Deux Sèvres à découvrir. C'est au cours d'une prospection effectuée dans les années soixante que M. Bonnefoy, géologue, découvre le gisement néolithique de la carrière du Lidon  près d'Arçais, en bordure sud du Marais poitevin. Dans le front de taille, plusieurs fosses appa-raissent en coupe, remplies de sédiments noirs et de matériel  céra-mique. La forme de ces fosses évoque le profil habituel des structures dénommées « silos » par le fait qu'elles présentent une ouverture rétrécie et un  évasement de leur partie basale. Quoi qu'il en soit, aucune fouille ne fut menée sur le site, mais il fait peu de doute que ces structures de stockage renvoient à une occu-pation domestique prolongée. Les récoltes faites par cet amateur de préhistoire sont à ce jour restées à peu près inédites et le resteront longtemps, pour peu qu'on les délaisse, puisque la collection Bonnefoy fut dispersée lors d'une vente à l'Hôtel Drouot à Paris... Il est cependant possible, encore aujourd'hui, de recueillir de nombreux objets sur le site lui-même, à commencer par les fameuses' lamelles en opale résinite qui composaient déjà une partie des découvertes anciennes. La majorité des objets sont des fragments de poteries, mais l'homogénéité des formes reconstituables n'est pas vérifiée : en effet, bien que plusieurs structures aient sans doute été repérées, l'inventeur ne signale des vestiges que dans une fosse qu'il désigne par le numéro 5, littéralement, bourrée de tessons comme semble l'attester la seule photographie conservée du front de carrière. L'importance, scientifique du site, du seul point de vue chronoculturel, réside dans une série de vases à fond rond et à point d'inflexion sur le profil (carènes, épaulements) qui renvoient certainement aux productions du début du 4' millénaires avant J.-C., productions rarement identifiées en Centre-Ouest en dehors des espaces funéraires monumentaux (tombes à couloir de différents types): Plusieurs signes très diagnostiques (cupules sous l'épaulement, trait incisé au-dessus d'une carène) incitent fortement à une attribution de cette production à la phase ancienne du Matignons. D'autres traits morphotechniques comme les légers cordons curvilignes et des anses tubulaires verticales ont par contre plus de liens avec la culture de Chambon identifiée entre lès bassins de la Vienne et de la Loire moyenne. La grande homogénéité technologique des récipients empêche cependant de trier selon les goûts de chacun. À cela s'ajoutent quelques fonds plats qui doivent en toute logique renvoyer à une étape chronologique plus récente ; leurs qualités intrinsèques supposent néanmoins une continuité des techniques céramiques avec les productions antérieures et donc un fonds commun des traditions sous-jacentes. En définitive, les spéculations sur le sujet, à partir d'un ensemble aussi délicat et restreint, et quel que soit son intérêt, cesseront probablement le jour où un décapage d'envergure permettra de lire les témoignages d'un habitat en grande partie conservé dans les calcaires du Lidon. Arçais la carrière du Lidon