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Bienvenue au coeur de la Venise Verte. Arçais, commune des Deux Sèvres à découvrir. le maraîchin conte Arçais petite commune, est située dans le Marais feuillu. Celui-ci n'est pas bien étendu, la partie la plus caractéristique ne mesure guère plus de 16 kilomètres de longueur, de Coulon à Maillé sur une largeur trois ou quatre fois moindre. Mais, en réalité, l'enchevêtrement de ses canaux, rigoles, fossés, biefs, bots et contrebots, la rend presque illimitée pour tous autres que ses habitants, seuls à connaître, par droit de naissance, le secret de ce dédale. C'est un petit domaine enchanté dont l'immensité est intérieure,  comme celle d'un labyrinthe. Arçais est établie à la lisière de la terre ferme, accessible de l'extérieur par route, mais la vraie grand' rue du village c'est le canal, le bras de rivière au long duquel s'alignent les maisons blanches, aux toits presque plats de tuiles rondes, si joliment rosées. Et sur l'eau, toute une flottille de bateaux, amarrés en travers, le nez contre la berge, semble un troupeau de bêtes marines en train de brouter l'herbe du talus. Il y a là les bateas légers, à l'avant pointu, noires comme les gondoles de Venise, et les lourds bateas aux bouts carrés. Chaque maison a les siens. Les Maraîchins excellents à conduire ces embarcations plates qu'ils mènent à la pelle (rame courte) ou à la pigouille, sorte de longue perche ferrée. Car, à l'intérieur du cercle enchanté, toute circulation a lieu par bateau, sur ces canaux du Marais qui en sont les routes sans poussière. C'est par bateau que communiquent avec les villages les cabanes isolées au milieu du réseau liquide c'est aussi, bien entendu, un instrument de promenade. Les bateliers sont tous disposés à vous conduire dans le Marais. Quittant la rivière, les bateliers s'engagent dans un des nombreux canaux ou conches qui s'ouvrent sur la rive méridionale et voici que commence la navigation à nulle autre pareille. De part et d'autre du canal, les peupliers au tronc puissant s'élèvent d'un seul jet comme les piliers d'une nef végétale, entre lesquels les frênes et les aulnes, les saules, les haies vives tendent deux murailles de feuillages où les ronces suspendent leurs guirlandes. D'une rive à l'autre, les frondaisons des arbres se rejoignent et s'emmêlent jusqu'à former une voûte de verdure d'où pendent çà et là des branches. Toute une architecture mouvante érige autour et au-dessus de vous ses constructions de rêve que le soleil vient animer du jeu féerique des rayons et des ombres. Aux heures les plus chaudes de l'été, la lumière semble s'accrocher et rester prisonnière dans le filet enchevêtré des feuilles dont elle fait miroiter les facettes innombrables. La voûte frémissante filtre à travers son réseau l'éblouissant éclat du jour et ne diffuse sur l'eau dormante qu'une clarté verte et fraîche. De place en place cependant, un rayon de soleil perce l'écran du feuillage et l'éclatant faisceau, où s'irise le vol des libellules, éclabousse brusquement les nénuphars dont il allume les fleurs jaunes ou blanches. Sans bruit, le batea plat glisse comme un traîneau sur ce tapis de plantes aquatiques où les araignées d'eau mènent d'interminables quadrilles. Sans heurt, sa proue relevée fend la nappe de fines lentilles qui se referme derrière lui. Tantôt vous traversez des roselières et tantôt le domaine de l'oseille sauvage. Sur les berges croissent l'iris jaune et l'angélique qu'on nomme ici chimous et berlat. L'haleine du Marais s'imprègne de la senteur de la chambroie et du rigolet noms maraîchins de la mauve et de la menthe. Là-bas dans une éclaircie, un tremble frissonne et miroite doucement sous un imperceptible souffle. Le Marais, à première vue, semble assoupi. Mais, à l'observer mieux, vous percevez quel intense travail de gestation s'accomplit en silence. La vie sourde jaillit de partout avec une telle plénitude, une sève si généreuse monte de ce sol spongieux dans tous ces arbres, toutes ces plantes et toutes ces herbes, que vous croyez surprendre les secrets de la nature et parcourir un de ses laboratoires mystérieux. Jusqu'à ce limon clair, cette boue végétale qui parait contenir comme un pouvoir quasi miraculeux de germination. Tout vit, mais tout se tait, le silence est la loi du Marais. Une loi qui s'impose à vous même et arrête les questions sur vos lèvres. Un silence si profond que le moindre bruit, le clapotis de l'eau sous la barque, le plongeon d'une grenouille, le roucoulement d'un ramier prend soudain un relief inaccoutumé, mais loin de troubler ce recueillement, semble n'intervenir que pour en faire valoir la qualité. Si bien que très vite, sous l'envoûtement de cette végétation luxuriante, vous vous laissez glisser au rêve, à l'illusion de parcourir je ne sais quelle contrée exotique, à bord de quelque pirogue. Mais non! Toute cette nature maraîchine est trop familière et trop douce. Ces peupliers, ces saules sont bien des arbres de chez nous. Cet éclair argenté, dans un trou d'eau, ce n'est qu'un gardon qui décampe. Et ce trait de saphir d'une rive à l'autre, le vol d'un martin-pêcheur. La grand'route du Marais c'est la grande rigole, majestueuse et rectiligne comme une cathédrale de verdure, sur laquelle s'ouvrent de part et d'autre les basses nefs des conches. De nouveau, le batea au museau pointu évolue dans ce dédale, que les Maraîchins connaissent souche par souche la soirée s’avance. Au soleil déclinant, le Marais vous parait plus